01.01.2010
Voyage en pays bassaris
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31.12.2009
Le Niger au fil de l'eau

Le Niger : au fil de l’eau
« Bien plus qu’un simple canal qui conduit l’eau jusqu’à la mer en traversant et en arrosant neuf pays d’Afrique, le fleuve Niger constitue un lien puissant d’intégration régionale, source de vie, site et habitat particulier d’innombrables espèces et communautés animales et végétales d’une beauté remarquable, dernier refuge pour d’autres, et facteur essentiel de production de la société humaine… »
Issa Ber pour les uns, Djoliba pour les autres, le fleuve Niger est bien connu de tous et exploité, depuis la nuit des temps, par les populations de l’Afrique de l’Ouest qui se partagent ses eaux et ses richesses.
L’un des plus grands cours d’eau d’Afrique, il prend sa source dans le massif du Fouta Djallon, traverse la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigeria avant de se jeter dans le Golfe de Guinée à 4200 km de là. Ses nombreux affluents et sous-affluents arrosent et inondent l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Tchad, constituant ainsi une bonne partie de son bassin estimé à environ 2100 000 kilomètres carrés de superficie.
Véritable trait d’union chargé d’histoires et d’espoir, cadre d’habitats humains et naturels ayant donné naissance à des zones humides extrêmement importantes, ce fleuve a joué et joue encore un rôle crucial pour des millions et des millions de populations en terme de sécurité alimentaire et de sécurité en eau.
L’une des plus riches réserves forestières d’Afrique, il est aussi le nid d’une biodiversité riche et variée composée d’oiseaux migrateurs, de diverses espèces de poissons, de reptiles, de mammifères et de bien d’autres espèces en voie de disparition…
Longtemps restée harmonieuse et équilibrée, le Niger, depuis quelques décennies, est sous le joug d’une double exploitation intensive et une forte pression démographique. A cela s’ajoutent les aléas climatiques, dont les sécheresses récurrentes et leurs impacts, l’irrégularité du régime des pluies, l’érosion, l’ensablement du lit du fleuve…
Une conjugaison d’activités et d’usages nouveaux qui perturbent les caractéristiques, la structure et le fonctionnement des écosystèmes à l’échelle du bassin versant, qui modifie le tracé naturel du Niger, son hydraulique, la quantité de ses eaux, la composition de sa flore, de sa faune et de ses sédiments profonds, l’occupation de sa vallée, et l’usage des milieux naturels particulièrement sensibles qui l’accompagnent.
Une dégradation causée notamment par l’action anthropique de l’homme qui affecte surtout la diversité des espèces, des communautés naturelles, des paysages, les habitats, les frayères tout le long du cours du fleuve et dans ses plaines inondables. D’où des conséquences dramatiques sur le fleuve, le niveau de ses nappes et l’assèchement des mares jadis pérennes, et qui, à terme, menace même la survie de cet espace de vie.
C’est la raison d’être de cette initiative conjointe entre Boubacar Touré Mandémory, photographe journaliste, d’origine sénégalaise et de Ibbo Daddy Abdoulaye, journaliste rédacteur nigérien.
Dénommée : « le Niger : au fil de l’eau », ce projet a pour objectif, entre autres, d’accompagner les dix Etats concernés réunis sous l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), les institutions, les ONGs et toutes les bonnes volontés dans leurs efforts de sensibilisation pour le sauvetage et le développement durable de cet important bassin en voie de dégradation avancée.
Notamment par la mise en branle d’une caravane d’espoir qui, en trois mois, neuf pays, d’amont en aval, suivra le cours du fleuve, au fil de l’eau, dans sa partie navigable, en passant par la Guinée, le Mali, le Niger et le Nigeria. Composée de meilleurs photographes journalistes et de journalistes écrivains de l’Afrique de l’ouest triés sur le volet, cette caravane sillonnera les différents pays traversés par le fleuve Niger, séjournera chez l’habitant ou dormira à la belle étoile, et chacun, selon son imagination ou son inspiration portraitera ou composera des paysages, des traditions, des mots, des recettes, des fêtes…, en bref les heurs et les lueurs d’un fleuve extraordinaire…
Des séquences prises sur le vif ou des tranches de vie qui seront ensuite consignés dans un manuel de référence accompagnant une grande exposition photographique itinérante dont le point de départ et la date seront fixés ultérieurement
Avant de faire le tour des plus grands musées de la planète, dans le but évident, de sensibiliser la communauté internationale sur les périls qui guettent ce joyau commun à une dizaine de pays et surtout d’attester la volonté, pour la première fois commune en Afrique, d’un plan durable de conservation et de gestion du bassin du Niger, mis en œuvre de commun accord entre les différents pays membres et axé sur une intégration harmonieuse entre le développement de la production alimentaire et la conservation des ressources naturelles.
Pour les concepteurs de ce projet innovant et novateur, l’attention pour l’eau et pour le fleuve Niger n’est pas un fait du hasard. Dans une Afrique à majorité rurale et où l’agriculture constitue l’épine dorsale de la quasi totalité des économie, la gestion de cette maigre ressource doit être pérenne et équitable.
Africanistes convaincus, ils estiment, d’une part, que le développement du continent ne peut se propulser que par ses propres fils, et non impulsé de l’extérieur, en utilisant toutes les potentialités et les ressources internes ; de l’autre, francophones avertis, conscients que dans un monde unipolaire où triomphe la pensée unique, seule la diversité culturelle est gage de paix, de solidarité et de développement durable.
Ce projet ne vise donc qu’à la promotion de l’intégration régionale entre les différents pays concernés pour une gestion durable du fleuve Niger en partant d’une meilleure connaissance de ses ressources ; à la promotion d’une approche multidisciplinaire dynamique pour une préservation des écosystèmes aquatiques avec au centre la conservation de la diversité biologique et une utilisation durable des zones humides ; à la promotion du développement socio-économique durable dans le bassin avec au centre l’homme.
« Le Niger : au fil de l’eau » ne vise ainsi qu’à construire les bases permettant d’aboutir à la conservation et au développement intégré et à long terme dans le bassin du Niger. Et ce, conformément à l’esprit de l’Union africaine et plus particulièrement du NEPAD. Lequel, dans son Programme développement pour une agriculture africaine compréhensive fait la part belle aux projets d’intégration régionaux. D’où justement la pertinence de l’intérêt de la réalisation de ce projet, au cours duquel, photographes et journalistes de différents pays de l’Afrique de l’Ouest travailleront ensemble pour bâtir une vision commune, concertée et partagée de la biodiversité pour le bassin du fleuve Niger.
Mais également avec la politique de l’Union africaine et du NEPAD en faveur de la protection de l’environnement, de la mise en œuvre des grandes conventions de la génération de Rio sur le développement durable, et plus particulièrement celle relative à la conservation de la biodiversité biologique
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